Voici le parcours de l'écriture à l'édition pour un auteur qui débute et part de loin. Ou une version moderne de Candide. Ou "l'important c'est de participer" ! Bienvenue chez moi !
lundi 25 octobre 2021
Les Mystères de la Forêt enchantée
mardi 15 juin 2021
Le texte de juin : un petit mystère en cadeau !
Il était une fois, dans la forêt enchantée, vivait une petite souris prénommée Lili. Elle, son frère et sa sœur, vivaient avec leur mère : Dame Sage. Monsieur Sage, le père de Lili, Tina et Tim, était mort longtemps auparavant et Lili n’avait pas de souvenirs de feu son père. Parfois, confondus dans ses rêves, remontaient à sa conscience un parfum masculin, une sensation de câlins forts et râpeux et une impression de sécurité et de chaleur disparue à jamais.
Dame Sage tâchait d’élever ses enfants du mieux qu’elle le pouvait mais avec Lili la tâche était ardue. Lili savait se rendre insupportable. Elle pouvait frapper sa petite sœur avec une grande violence pour utiliser ses jouets sans lui en demander la permission. Lorsque Dame Sage, alertée par les cris de Tina, voulait rendre justice, Lili n’hésitait pas à jeter le jouet convoité contre le mur de toutes ses forces si bien que le pauvre objet n’avait aucune chance de s’en tirer sans dommage. Ou bien à table, si Dame Sage quittait la pièce pour aller à la cuisine chercher des plats, Lili, qui avait bien remarqué la lenteur de Tim pour manger, se servait directement dans l’assiette de son infortuné frère et engloutissait promptement ses morceaux préférés. Cela chagrinait Dame Sage, mais il y avait bien pire. En effet, même à l’extérieur du foyer Lili se conduisait fort mal.
Madame Piquedur était une hérissonne bien utile à la communauté. Elle fabriquait de la farine de châtaigne que chacun venait lui échanger contre d’autres produits ou des services. Et c’est ainsi que tous les habitants de la clairière faisaient du pain et des gâteaux. Un jour que Dame Sage venait échanger un joli bonnet qu’elle avait tricoté contre de la farine, madame Piquedur réclama de Lili qu’elle la salua, c’était la seule à n’avoir pas dit bonjour, tout le monde la regardait avec insistance, sa mère, madame Piquedur, et même Colbac le corbeau freux.
Lili avait sa tête des matins chagrins, elle regarda enfin madame Piquedur et lui tira la langue franchement, penchée en avant, insistante, provocante, avant de s’enfuir dehors. Madame Piquedur avait sursauté, c’était la première fois qu’elle voyait une souris si désespérante. Quant à Dame Sage, elle aurait bien voulu se cacher dans un trou de souris.
Aussi ne fut-elle pas surprise d’être convoquée par Mademoiselle. La jeune demoiselle écureuil faisait la classe à tous les omnivores de la clairière. Elle expliqua à Dame Sage comment Lili avait été surprise en train de copier sur Sable lors d’une interrogation écrite, Sable avait caché safeuille. Lili, vexée d’être confondue, avait frappé Sable sur la tête avec sa propre règle. La tête de Sable s’ornait d’une vilaine bosse, la règle était cassée, et Lili avait refusé de présenter ses excuses. Il fallait acheter une nouvelle règle et tâcher de ramener Lili à la raison. On devait respecter les règles au sein de la clairière si tout le monde se mettait à les casser sur la tête de son voisin, comment pourrait-on continuer à vivre ensemble en paix ? Dame Sage, meurtrie, avait promis de faire de son mieux.
Lili n’en faisait qu’à sa tête. Caprices, colères, cris, disputes, insultes, rien n’était simple et bien souvent, Dame Sage finissait sa journée, épuisée d’avoir tant lutté pour faire entendre sa voix, les yeux rouges et le cœur gros, se demandant ce qu’elle avait bien pu faire pour avoir une fille aussi ingrate et méchante.
Pourtant, dans le fond de son cœur de mère, Dame Sage savait que cette affreuse enfant n’était pas Lili toute entière. Sous cette couche épaisse de colère et de méchanceté il y avait sa petite souricette qui ne comprenait pas pourquoi toute cette haine sortait d’elle-même et se déversait en vagues implacables, brisant qui se trouvait sur son passage. Dame Sage avait tenté de percer cette carapace épaisse mais n’y était pas parvenue.
Mimi Doucette, la maman de Sable, était à la fois la voisine de Dame Sage et sa meilleure amie. C’était une charmante lapine, rondelette au pelage soyeux. Elle était toujours entourée de lapereaux plus mignons les uns que les autres. Elle savait tout des difficultés de Dame Sage et lui avait suggéré de passer des moments seule avec Lili. « Peut-être a-t-elle besoin de se sentir unique, regarde Tina, sa petite sœur est tellement sage que Lili peut en concevoir de la jalousie, elle a tous les reproches tandis que Tim et Tina ont toutes les louanges ! »
Dame Sage soupira, résignée. Quand Mademoiselle avait suggéré que Lili manquait sûrement de l’autorité d’un père,Dame Sage avait sévi, tempêté, crié même. Lili criait plus fort, lui avait même dit « Tais-toi, tu n’es qu’une bête ! », choquée de ces affreuses paroles, Dame Sage avait quitté la pièce, abasourdie et muette de stupéfaction. Ensuite on lui avait conseillé (ça c’était madame Piquedur) de l’inscrire au cours de chant « Mais certainement cette enfant s’ennuie, il faut lui enseigner quelques chose pendant ses loisirs, du beau, du bon, lui élever l’esprit à cette enfant ! ». Mais quand Lili avait chanté à tous les habitants de la clairière qu’elle croisait « Tu pues, tu pètes, tu sens la vieille chaussette ! » sur tous les tons, en majeur, en mineur, à la façon lyrique, baroque, pop, rock et même en rythme syncopé, battant la mesure avec ses pattes, Dame Sage lui avait refusé le renouvellement de son inscription.
Alors cette après-midi-là, ainsi que Mimi Doucette l’avait proposé, Tim et Tina passeraient l’après-midi chez les lapereaux. Ils n’avaient pas protesté. Ils n’avaient pas demandé à avoir un moment seuls avec leur mère quoiqu’eux aussi l’auraient bien voulu (et ne l’auraient-ils pas mérité davantage ?) Pourtant tous leurs moments étaient criblés des éclats de Lili et rares étaient les soirs où ils pouvaient écouter dans le calme l’histoire que voulait leur raconter leur maman. Mais Tim et Tina avaient obéi.
En revanche lorsque Dame Sage avait annoncé « Lili, tu vas venir avec moi, je dois cueillir des mûres pour faire les confitures de l’hiver, tu m’aideras, nous ferons une promenade bien agréable. »
– Certainement pas ! Avait tranché la souricette, Je n’ai aucune envie de me promener avec toi. Je veux jouer chez les Doucette moi aussi.
– Ma petite fille, tu n’es pas invitée chez les Doucette. Je te rappelle que tu as frappé Sable avec sa règle. Tu as refusé de présenter tes excuses. Tu vas venir avec moi et tu as le choix de venir avec ta joie ou ta mauvaise humeur. Laquelle choisis-tu ?
– C’est de la faute de Sable ! Je le déteste ! Tant mieux s’il ne m’invite pas dans son sale terrier puant !
– Lili ! Tu arrêtes maintenant ! Nous allons partir et je te préviens, les mûres sont loin de la clairière. Il y a beaucoup d’animaux qui rêvent de manger des souris, même si elles font leur mauvais caractère. Il te faudra être silencieuse et rester près de moi. Si je te donne un ordre tu devras obtempérer sans discuter tu as bien compris ?
Lili leva les yeux au ciel. Elle connaissait les Consignes Élémentaires de Sécurité depuis sa petite enfance et Mademoiselle les leur faisait répéter tous les matins en classe. « Oui oui ! » lâcha-t-elle avec impatience.
Dame Sage partit avec sa fille. Lili décida que porter un panier n’était pas intéressant. Elle le laissa tomber par terre au bout d’un moment prétextant qu’elle avait mal aux bras et regarda du coin de l’œil sa mère le ramasser sans maugréer (la première consigne élémentaire de sécurité c’est le silence en dehors de la clairière !). La petite souris avait un excellent odorat, elle sentit le parfum des mûres bien avant de le voir. Elle décida de précéder sa mère et galopa en direction des effluves délicieuses. Une petite entorse à la sécurité mais sa mère la suivait de près et c’était un tel plaisir de la voir enrager.
Lili ignorait que, tapi dans les buissons, Rusor le renard retors, l’épiait depuis longtemps. Lili avait atteint le buisson de mûres et se goinfrait sans la moindre retenue, ses moustaches et sa robe étaient tâchés de grosses gouttes violettes et sucrées. Une ombre au-dessus d’elle lui fit lever la tête, un pelage roux soyeux, une voix grave, suave et mystérieuse lui adressa la parole :
– Bonjour petite souris, on dirait que tu aimes les mûres…
– Ça te dérange ?
– Euh… fit le renard roux surpris.
– Tête d’orange, tu l’épluches et tu la manges ! Ha ha ha !
Le renard jeta sa tête en arrière et son rire était silencieux, ses jolies dents pointues découvertes.
– Oh je vois ! Une souris minuscule qui ne sait pas dire bonjour, qui insulte les adultes même quand elle ignore qui ils sont, tu dois être Lili.
La petite souris qui avait repris son grignotage, cessa de nouveau, interloquée :
– Ça alors ! Comment sais-tu mon nom ? Dit-elle la bouche pleine.
– On parle de toi, j’ai entendu Colbac mentionner sa rencontre avec la souris la plus mal élevée de la clairière.
Lili était bouche bée. Le grand animal s’approcha d’elle. Elle pouvait sentir son haleine chaude de carnivore. « Et moi je suis Rusor, le renard retors et je n’ai pas encore goûté de souris à la mûre cette année » chuchota-t-il presque dans son oreille.
Lili était pétrifiée. Devant elle, le sourire mauvais du renard se dirigeait droit sur elle, il se délectait de sa terreur. Dans la tête de Lili les pensées tournoyaient à toute vitesse, danger, consignes, sa mère, appeler, elle voulut mettre à profit les quelques instants de pause que la perversité du renard lui accordait mais un ridicule gargouillis sortit de sa bouche. Hypnotisée elle ne pouvait pas bouger.
De loin Dame Sage avait aperçu le goupil. Son sang ne fit qu’un tour et elle oublia qu’elle n’était qu’une souris.
Ventre à terre tel un projectile brun poilu lancé à toute allure, les yeux rivés sur cette forme rousse qui parlait, penchée vers une minuscule petite souricette haute comme trois grains de raisin. Elle attrapa sans ralentir une branche morte à sa taille et arriva droit sur Rusor, lui planta son bâton dans l’arrière-train en poussant un cri de guerre. Rusor glapit de surprise autant que de douleur et celle que dans sa jeunesse on appelait Rosalie, combattit avec la fureur de qui ne craint pas la mort pour elle-même, elle combattit avec le désespoir de la proie contre le prédateur préférant attirer sur elle l’attention de l’ennemi, protégeant son enfant de toute la durée du combat.
Rusor, humilié et craignant que la prolongation du spectacle attire des observateurs qui pourraient se moquer, décida de passer son chemin pour cette fois.
Alors Rosalie, moulue, s’approcha de sa fille. Pour la première fois depuis la mort de son père Lili pleurait. Elle était traversée par une cascade de sanglots qui la faisaient hoqueter. Sa maman retrouva les gestes de la toute petite enfance de Lili pour la bercer dans ses bras et l’envelopper de douces paroles répétées en boucle « Je suis là mon cœur, mon amour, mon chéri, mon trésor » et l’enfant finit par se calmer.
Cette promenade changea la petite Lili. Elle avait compris beaucoup de choses. Tout d’abord elle savait que quoiqu’elle fasse sa mère l’aimerait toujours assez pour risquer sa vie pour elle et cet amour l’impressionnait. Ensuite elle avait éprouvé que les Consignes Élémentaires de Sécurité servent à rester vivant, à rendre douillet un monde qui peut être hostile et elle en devint un ardent défenseur.
C’est Mimi Doucette qui fut bien fière le lendemain quand Lili vint offrir un pot de confiture de mûres à Sable pour lui présenter ses excuses « Tu vois, je te l’avais bien dit ! » avait-elle chuchoté à son amie et Rosalie et Lili avaient échangé un clin d’œil discret.
Oh n’allez pas croire que Lili devint une sainte, loin s’en faut. Mais, brisant sa carapace elle était devenue raisonnable et c’était un progrès appréciable. Cela laissa à Tim et Tina la possibilité d’être un peu moins sages !
Voilà les amis, pour votre première promenade dans la forêt enchantée. Dites-moi ce que vous en pensez et si cela vous donne envie de revenir !
dimanche 6 juin 2021
Le temps de vivre
Bonjour à tous,
Je n'arrive pas à croire que cela fait presque trois semaines que je n'ai rien posté. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir vécu et travaillé.
J'ai passé du temps à travailler les histoires de la forêt enchantée (encore ? Me direz-vous, eh oui, et je croyais que c'était fini mais mon capitaine me propose quelques retouches et tant que je crois qu'il a raison, ma foi, je m'exécute ! )
Il m'a fallu le temps de la déception. J'avais envoyé des exemplaires des Forçats à des journalistes, et j'ai eu de bons retours privés, mais rien de concret ni de public. Les Forçats resteront donc presque clandestins, à l'image de l'histoire que le roman raconte. Qui se soucie des serpillières de l'hôpital ? L'aumône distribuée pour le Ségur de la santé suffit à énerver. J'ai croisé des commentaires sans intelligence, de personnes qui ne supportent plus les louanges aux soignants, arguant systématiquement "Et les caissières ? Hein ? Elles aussi elles sont exposées, elles aussi elle ont un travail difficile !". Et cela est vrai. Les hôtesses et vendeurs sont exposés, mais sans certitudes. Mais à des gens qui sont majoritairement bien portants. Mais dans des lieux où l'air circule. Mais sans toucher les corps nus et malades.
Et le travail n'est pas le même et n'est pas comparable. Lorsqu'un patient COVID positif tousse et s'encombre, il faut aspirer ce qui le gêne pour respirer, et l'infirmière sait que les risques de contracter le virus, malgré la tenue de scaphandrier, sont bien plus élevés que dans un magasin. La concentration du virus dans une chambre de malade qui tousse, qui expectore, qui a froid et veut fermer sa fenêtre, est bien supérieure à celle que subit un employé de grande surface. Et en cas d'intervention urgente, le réflexe de soin précède celui d'auto-protection.
Mais tout cela n'intéresse personne. Les terrasses rouvrent, le taux d'incidence diminue, les soignants ressemblent à la banquise. On sait bien que ça fond mais qu'est-ce qu'on y peut ? Laissez-nous vivre !
Et on a tous besoin de rêver.
C'est pour cela que je crée des mondes fantastiques. Je n'ai pas encore fini le premier jet de cette histoire qui a lieu dans un autre système solaire de notre galaxie.
Pourtant les personnages principaux me reviennent de plus en plus souvent. Surtout la petite Karys, elle a du caractère malgré son très jeune âge. Elle veut exister, avec ses longs cheveux violets et sa peau bleue, son don extrasensoriel et sa connexion spirituelle et physique à sa planète. Et Arcan, il est complexe et parfois difficile à cerner, son destin naturel aurait dû l'amener à la mort mais il veut terriblement vivre, il ne me supplie pas de lui laisser une chance, il est bien trop fier ce garçon mince aux épaules balayées par ses cheveux épais, mais il a cette façon de me regarder de côté en faisant la moue, d'un air brave et pourtant inquiet. Et je crois bien que Karys aussi préfèrerait qu'il vive et que ne ferai-je pas pour Karys qui a vécu déjà bien des épreuves difficiles ?
Pour l'instant ils attendent tranquillement, sur mon bureau, ils sont ensemble, amis et ennemis, comme les figurants d'un film. Parfois ils jouent de la musique, les garçons s'exercent au combat, les filles testent de nouvelles coiffures, Karys en profite pour jouer avec son frère. Je sens bien qu'ils s'ennuient tous. Sauf le Docte Saturnin, lui, comme d'habitude, se fascine pour mon univers réel. Il devrait faire attention au chat dont l'appétit n'est pas négligeable...
Allez, j'ai fini ma trop longue pause les amis, je retourne sur ma planète magnifique, et je vous en enverrai bientôt des nouvelles !
jeudi 13 mai 2021
Quelques questions à Florence Tassoni, auteur de la Promesse de l'archipel
Bonjour à tous !
La reprise du travail à un rythme (trop) soutenu me contraint à quelques irrégularités dans mes publications, et c'est avec un peu de retard que je vous propose de découvrir l'auteur de La Promesse de l'archipel, un roman autoédité qui m'a beaucoup plu. C'est Florence Tassoni qui en est l'auteur, c'est une femme à découvrir, il émane de ses textes et de sa personne, une grande générosité, un désir altruiste et humaniste, une ouverture d'esprit, une volonté d'échange. Elle vit à Bali et pourtant la distance n'amenuise pas cette impression délicieuse que, si nous étions face à face, elle deviendrait sûrement une amie chaleureuse.
vendredi 30 avril 2021
La solitude de ceux qui sont plusieurs dans leur tête
Bonjour à tous !
Aujourd'hui j'ai compris que je suis seule.
Je porte des mondes dans ma tête, des mondes peuplés de héros, de magie, de personnages complexes, beaux et qui me fascinent.
Ces mondes resteront dans ma tête si je n'en parle pas. Si je ne les fait pas exister à l'extérieur et je crois pourtant qu'ils portent un message utile, parfois triste, drôle, profond, divertissant ou tragique, grotesque ou sublimant le réel consternant que l'on nous sert.
Quand les enfants d'aujourd'hui reviennent de l'école avec la responsabilité de sauver la planète dans laquelle les adultes les engluent, avec un imaginaire apocalyptique, les rêves peuplés d'espèces en voie de disparition, de fonte de glaces, de forêt Amazonienne en flamme, d'Amérindiens spoliés, j'ai voulu proposer d'autres rêves.
Dans le monde que j'ai créé, la maladie se guérit avec beaucoup de tendresse, les accidents ne résistent pas à une formule magique, nos disparus reviennent nous rassurer, nous parler, et restent dans les parages pour voir comment on s'en sort.
Pourtant quelle est la valeur d'un univers dans lequel je suis la seule à croire ?
Partant de ce constat j'ai sollicité très peu les amis, simplement pour signaler la disponibilité de mes textes, parfois pour une lecture permettant d'apaiser mes doutes. Et j'ai pris le train en marche. Je suis une brave fille, pas contrariante, je fais ce qu'on me dit, confiante en l'expérience et les conseils d'autrui, forcément plus compétent que moi. Alors j'ai créé ce blog, alors j'ai créé une page Facebook, un profil Insta, moi qui n'y étais pas.
J'ai reçu des remarques et des suggestions intelligentes que j'ai prises en compte. Je tâche de donner une attention pleine et entière à d'autres auteurs que j'aime lire et qui ont autant besoin de visibilité et d'encouragement que moi.
Aujourd'hui j'ai pris un uppercut verbal d'une personne qui m'est chère et j'ai compris que je suis seule.
Seule avec mes rêves dans un monde réel pour qui tout se traduit en valeur marchande. Mais je suis un personnage de mon rêve. Et l'argent est pour moi un frein puissant à notre humanité profonde. Je crois tellement plus fort dans l'échange entre humains. Les personnages de mon rêve ne se prennent pas en photo pour Insta, ils ne sont pas sur Facebook. Ils vivent, ils aiment, ils pleurent et rient. Ils agissent et ne perdent pas tout ce temps à se mettre en scène et se regarder agir et prétendre vivre. Je ne suis fondamentalement pas adaptée à ce monde de Narcisse où l'on passe son temps à s'exprimer pour exister alors que le discours proposé est souvent d'une indigence tragique.
Mes efforts ridicules pour toucher cette partie du monde ne font que me rendre grotesque. Merci, chère âme dont le trait a déchiré le voile qui scellait mon regard sur moi-même. La leçon fut rude mais utile.
Rendre un texte vendeur, n'est-ce pas le début de la compromission ? Et la compromission, n'est-elle pas le début de la trahison ? Peut-être que le meilleur endroit pour que mon monde existe, c'est... dans le dernier tiroir du secrétaire.
Charlie,
espèce en voie de disparition car inadaptée à l'environnement.
Note pour plus tard : fermer bien sa bouche tant que tous les signaux d'un intérêt réel ne sont pas détectables. La plupart des gens écoutent par politesse, pour avoir le droit de s'exprimer. Prendre l'habitude de les faire parler d'eux-mêmes sans réciprocité, au pire j'apprends la patience, au mieux chaque vie est un roman, et dans tous les cas, réserver mon propre récit pour un intérêt plein et entier.
mardi 27 avril 2021
Quelques questions à Sarah Castillo Palayer, écrivain
Bonjour Sarah Castillo Palayer, vous avez créé "le cercle des auto-édités" , un cénacle studieux et chaleureux qui respire le travail, l'émulation et l'esprit d'équipe. On y trouve un esprit "quartier latin" presque Balzacien. Vous êtes un auteur hybride, entre auto-édition et édition traditionnelle. En 2014, votre premier roman "A l'ombre des tilleuls", pourquoi à ce moment-là , quel a été l'élément déclencheur qui vous a fait prendre conscience que vous aviez des choses à raconter ?
Bonjour Charlie, J'ai toujours été passionnée par la lecture et un jour, aux abords de la quarantaine, alors que je terminais un roman recommandé par une amie et pour lequel j'avais dû avoir un avis mitigé, j'ai lâché à mon époux, une phrase du style : "Franchement, je pourrais tout à fait en faire autant" , qui m’a répondu d’un ton sérieux : "vas-y, lance-toi !" Ma fille aînée passait son bac et allait sou peu quitter le nid familial, pour des études artistiques. Je l’ai donc imaginée héroïne de mon premier roman "A l'ombre des tilleuls où fleurissent les violettes", passionnée de tableaux, étudiante à l’école du Louvre à Paris et me suis amusée au travers ce roman, à jouer avec l'espace-temps, une notion qui me fascine.
En 2016 "Joe Roberts, 6th airbone" est paru chez un éditeur, le rêve pour une grande majorité d'auteurs auto-édités. A partir de cette expérience, qu'avez-vous retiré comme enseignement, leçon pour l'avenir, changement de manière d'écrire ? Pourquoi n'avez-vous pas poursuivi votre travail littéraire avec cet éditeur par la suite ?
J'ai une grande affection pour ce roman, qui parle d'une période de notre histoire qui me passionne, la 2ème guerre mondiale. J'ai signé un contrat avec cette maison d'édition, certaine d'une belle collaboration. L'expérience n'a pas été à la hauteur de mes attentes et je n'ai pas poursuivi avec eux. J'ai néanmoins appris à être plus patiente et plus exigeante dans mes choix de partenariats et n'ai pas donné suite pour mes romans suivants à des propositions farfelues.
Ensuite vous publiez un roman par an :"l'imprudence du chat" en 2017, "le salon des regrets" en 2018, "1476" en 2019, "Des oies presque blanches" en 2020, quel auteur prolixe ! Combien de temps s'écoule-t-il entre l'élément déclencheur du roman, son écriture et le moment où vous le jugez fini, prêt à être publié ? Quel rituel d'écriture voulez-vous partager avec nous pour écrire tant et si vite !
Je mets en moyenne neuf mois pour écrire un roman, mais ce sont de petits formats car j'aime les romans rythmés. Avec les années, j'ai appris à être plus tempérée et à laisser du temps à mes écrits entre le point final et leur diffusion. Je fais appel à des bêta-lecteurs, dont ma sœur qui est une lectrice intraitable. Je suis une lève-tôt, j'aime écrire le matin, ce qui me permet le reste de la journée de réfléchir au déroulement de mon histoire. Petit secret de fabrication: quand je bloque sur un passage, je prends un bain très chaud (parfois avec un petit verre de vin) et comme par magie, une idée émerge !
On retrouve beaucoup le thème du voyage dans vos écrits, un voyage dans l'espace, parfois dans le temps, avec des dimensions introspectives, initiatiques. Voyagez-vous pour écrire ou bien écrivez-vous autour de ce thème parce que vous avez beaucoup voyagé ?
J'écris sur le thème du voyage car j'aime voyager et j'ai eu la chance de découvrir de très beaux pays. Tous ne m'inspirent pas de la même façon mais le plus souvent, en découvrant certains lieux ou en apprenant certains détails de leur histoire, je sais qu'ils feront l'objet tôt ou tard d'un récit.
Votre blog littéraire est très professionnel, on peut voir que vous avez une actualité littéraire impressionnante. Vivez-vous de votre plume ? Quel temps passez-vous à écrire par jour (ou par semaine) ? Quel temps consacrez-vous à vous représenter en tant qu'auteur ?
J'avais une belle actualité littéraire mais depuis la crise sanitaire, de nombreux salons ont été annulés et je pense qu'il faudra un certain temps pour retrouver ce rythme. Donc, non, je ne vis pas de ma plume ! Quant à l'écriture, j'essaie d'écrire un peu tous les jours mais ça dépend également de ma disponibilité, du temps que me laisse mon travail.
Avez-vous été tentée de créer votre propre maison d'édition comme le font certains auteurs ?
Comme j'ai l’esprit créatif, j'avoue que j'y ai pensé, mais les journées ne font que 24 heures. Écrire est déjà suffisamment chronophage et égoïste et je tiens à préserver ma vie de famille.
Si la femme que vous êtes aujourd'hui pouvait faire un saut en 2013, que dirait-elle à la Sarah de 2013 qui l'aiderait et lui ferait gagner du temps et de la confiance ?
Je me conseillerais d'être patiente et de retravailler encore et encore mes écrits. Être auteure n'est pas un sprint, mais un marathon. Mon premier roman ressort souvent comme l'un des plus apprécié de mes lecteurs. L'histoire est belle,originale, mais le style, tellement perfectible ! Je me conseillerais de faire appel à un correcteur professionnel, mais un vrai, un pro afin qu'il évite de me couper les ailes et que j'arrête d'écrire, car pour moi, écrire est une véritable source de bonheur.
Merci beaucoup d'avoir répondu à ces questions et de nous permettre de mieux vous connaître, à bientôt peut-être lors d'une de vos séances de dédicace !
Le blog de Sarah que je vous recommande : Sarah Castillo-Palayer (sarahcastillopalayer.fr)
mardi 20 avril 2021
Sur le bateau du capitaine !
Bonjour à tous !
J'ai le grand plaisir de vous annoncer que je suis officiellement guérie ! Finis les problèmes de santé, les journées pliée en deux au fond du lit ! J'ai retrouvé la santé et l'énergie.
Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, mes Mystères de la Forêt enchantée ont bien trouvé un capitaine, une maison d'édition cachée sur une île Maudite qui accepte de les abriter, de les faire éclore ! J'ai rencontré le capitaine ce soir, il m'a accueillie sur son bateau. Je n'en menais pas large il me faut le reconnaître. C'est que c'est un capitaine fier, exigeant, qui aime la belle ouvrage, il ne connaît pas le repos tant que le produit n'est pas magnifique !
Il me faut donc encore travailler avant de vous annoncer son nom et de contribuer à faire connaître l'île Maudite. Ensuite les Mystères rencontreront les lecteurs au gré des foires et des salons, des fêtes médiévales et des rencontres littéraires, le tout bien sûr, lorsque la pandémie sera derrière nous et que nous serons vaccinés.
Concernant les Forçats, je laisse la bride au livre car j'ai trop contacté de maisons d'édition à mon goût. Je retravaillerai ce texte plus tard.
La vieille Underwood 319 que j'avais acheté est ressortie récemment, un jour de panne d'imprimante, et j'ai retrouvé le plaisir de travailler directement le premier jet de mon histoire fantastique qui a bien avancé au son des cliquetis de la mécanique et de la petite sonnette ! Une partie de cette histoire se passe dans un endroit très reculé du Finistère. J'aimerais beaucoup pouvoir m'y rendre cet été afin de prendre de belles photographies, m'imprégner de l'esprit du lieu et de ses habitants.
Je vous souhaite de belles lectures et vous proposerai la semaine prochaine un entretien avec une autrice que j'aime beaucoup, une auto-éditée de grande qualité au parcours inspirant.
Je vous quitte avec ces quelques mots sortis de l'île au trésor : Yo ho ! et une bouteille de rhum !
vendredi 16 avril 2021
Quelques questions à Lola Albarracin, auteur de Buenos Aires Mayday
Bonjour à tous,
Après quelques jours de repos, j'ai le plaisir de vous faire part de quelques questions auxquelles Lola Albarracin à bien voulu répondre. C'est l'auteur de Buenos Aires Mayday, un roman dans lequel la petite histoire de Carola, jeune femme perdue, sans attache, s'inscrit dans l'Histoire de l'Argentine, entre misère et corruption. Au travers les réponses de Lola transparaît une femme sensible à l'esprit ouvert que l'on a plaisir à découvrir.
Bonjour Lola Albarracin, j'ai découvert votre titre Buenos Aires Mayday et il m'a donné beaucoup à penser à votre sujet ! Le personnage principal est une hôtesse de l'air, vous parlez de ce milieu comme si vous le connaissiez très bien, avez-vous été hôtesse de l'air vous-même ?
Non, je n’ai jamais été hôtesse de l’air et je connais mal ce métier. Lorsque je construisais le personnage de Carola, j’ai cherché à lui attribuer une profession qui symbolise au mieux son besoin constant de fuir, à la fois sa propre histoire et les réalités de ce bas monde. Hôtesse de l’air m’a semblé le métier idéal pour la caractériser. Mes voyages en avion et quelques lectures ont suffi.
Votre roman décrit l'Argentine, votre nom sonne délicieusement Amérique du Sud, quelle est la part de vous dans ce récit ?
La part de moi dans mon roman est considérable, puisque je suis née à Buenos Aires, y ai grandi avant d’atterrir en France dans les années ‘90. Je suis donc une auteure franco-argentine, et je voulais que mon premier roman soit à l’image de ma double culture : écrit en français mais situé à Buenos Aires, comme un pont symbolique entre les deux pays.
L'Argentine de votre récit se consume dans des affrontements meurtriers contre l'injustice et la corruption et votre personnage principal est passif devant tout cela. Que pensez-vous d'elle, de son attitude ? Qu'auriez-vous fait à sa place ?
Je n’approuve pas l’attitude de Carola, mais je la comprends. Les ravages de la dictature sont tels qu’il lui faut des défenses solides pour survivre, suite au traumatisme de la disparition de ses parents. Cela l’isole et la rend inaccessible, mais elle n’a pas pu faire autrement. Et je me garderais bien de dire ce que j’aurais fait à sa place ; personne d’honnête ne peut le faire, je crois. Cela dit, je regrette la facilité avec laquelle nous contemplons passivement les dérives de ce monde : nous nous habituons aux injustices et à la misère que nous croisons pourtant tous les jours, au bas de nos immeubles, au coin de la rue.
A quel personnage de votre roman ressemblez-vous et en quoi ?
Comme Carola, j’ai souvent la tête dans les nuages, et j’ai mis un océan de distance d’avec mon pays natal. Je partage avec elle et avec le personnage d’Ana le besoin de fuir la réalité par moments -c’est peut-être un trait commun de ceux qui font un travail de création. Bien sûr, je me reconnais moins dans les personnages du Chanta et d’Andrès, mais ce type de personne existe : ils manifestent tous deux les effets néfastes du pouvoir, le pouvoir politique et de l’argent.
Quel a été l'élément déclencheur de ce roman ?
Lors d’un voyage en Argentine, deux éléments en apparence hétéroclites se sont rencontrés dans mon esprit. Mon imagination a fait le reste.
Quelqu’un m’a raconté le cas d’une hôtesse de l’air dont la valise était remplie de cocaïne, et qui était en couple avec un homme qu’on appelait le Comte.
Par ailleurs, je me suis renseignée sur les émeutes de 2001, et j’ai ressenti la culpabilité de ne pas avoir été à Buenos Aires à ce moment-là. J’ai alors pris conscience des travers de nos démocraties, ce qui n’était pas évident car j’ai grandi dans une dictature, et, pour ma génération, la démocratie était une sorte d’utopie sacrée, indiscutable. Les émeutes de 2001 m’ont ouvert les yeux sur la nécessité de construire un autre modèle de démocratie, moins monarchique et plus juste, solidaire. Vingt ans après j’y crois encore, mais il y a du boulot !
Merci beaucoup et à très bientôt !
Merci à vous !
vendredi 9 avril 2021
Quelques questions à Angélique Maurin, autrice d'Amère
C’est une question que l’on ne m’a jamais posée directement mais qui a pu cependant transparaître au détour de certaines interrogations de lecteurs. Alors je vais lever tout de suite tous les doutes : Amère n’est pas ma vie!
Ce roman ne traite absolument d’aucun problème personnel qui aurait pu me blesser. Comme il ne m’a pas servi non plus à régler des comptes avec une rivale ou une sœur ou une mère. Comme il n’est pas davantage un aveu de fautes horribles que j’aurais pu commettre par le passé. Bref, c’est juste un roman ! Avec l’invention et l’imagination que cela suppose. Mais il est vrai que je suis toujours plus attirée par les histoires d’amours dramatiques que par les bluettes à l’eau de rose. Alors je ne sais pas si je suis une anti romantique ou au contraire une fanatique absolue de l’amour pour ne pouvoir concevoir de lui apposer ce fameux grand A qui le marque irrémédiablement du sceau du sublime, que si s’y mêlent des larmes, des cris, des déchirures et des renoncements atroces. Je me pose la question parfois, mais je n’y ai pas encore trouvé de réponse tranchée.
Je crois qu’Edmée, cette héroïne décriée car jusqu’au-boutiste, car focalisée uniquement sur ses sentiments et son mysticisme amoureux est une vraie courageuse, une femme passionnée telle que je l’imagine. Elle fait mal et elle s’en moque mais elle s’aime et se respecte et je l’admire profondément pour ça. J’ai été une adolescente en totale rébellion qui voulait ne ressembler à personne, mais je n’ai jamais eu assez de cran et de caractère pour ne pas finalement suivre les diktats de la morale et des chemins tout tracés que la société nous incite à suivre. Je crois qu’Edmée est ce que j’aurais aimé être. Cela ne veut pas dire que je suis d’accord avec tous ses choix, loin de là. Mais elle assume pleinement sa nature profonde et ses élans. J’aime ça. Et plus j’écrivais son histoire, plus j’avais d’amour pour elle. Etrangement, Diane qui était au centre de mes préoccupations premières n’a que la seconde place dans mon cœur.
Votre roman décrit parfaitement le milieu artistique, on sent une grande sincérité de ton, comment connaissez-vous si bien ce milieu , il semble à vous lire, que vous le connaissez de l'intérieur ?
Eh bien non, je n’évolue pas du tout dans ce milieu. Je suis persuadée très humblement, comme d’ailleurs des milliers de personnes dans le monde, d’avoir une sensibilité artistique et je suis très attirée par tout ce qui touche à l’Art au sens large du terme. Mais la peinture, qui est le domaine dans lequel évoluent plusieurs de mes personnages, n’est pas forcément ce que je connais le mieux. J’ai adoré écrire les passages autour de ce thème et je me suis étonnée moi-même de pouvoir donner voix si facilement à la passion de Sam, de Diane, de Gribouille et de leur permettre de s’exprimer avec autant de fluidité sur un sujet que je ne maîtrise pas vraiment. Bien sûr j’ai fait des recherches, bien sûr j’ai pu me documenter, mais finalement cette partie du roman qui vous parait si crédible et si vraie est venue simplement, un peu comme par magie. Sam, notamment, est beaucoup venu me parler la nuit !
Quel a été l'élément déclencheur de cette histoire ?
J’ai déjà expliqué que j’ai commencé l’écriture de ce roman lorsque j’avais une vingtaine d’années. A cette époque là j’étais en plein dans un cursus de sciences médico-sociales et je m’intéressais beaucoup à la littérature sociétale, aux problèmes liés à l’enfance, à l’adolescence, à la famille. Je suppose donc que l’étude de ces problématiques a eu une première influence sur le sujet de départ d’Amère. En fait ce que je voulais traiter c’était le devenir d’un enfant auprès d’un couple qui s’aime trop. Je me demandais si l’amour absolu des parents ne pourrait pas être aussi, voire plus destructeur, que leur discorde ou leur guerre intestine pour l’enfant qui en était issu. Comment arriverait-il à trouver sa place ? A exister ? A se faire aimer ? C’était mon postulat de départ. Ensuite, l’histoire s’est construite d’elle-même.
Quel parcours vous a mené à l'auto-édition ?
J’ai écrit au départ ce roman pour moi. Sans autre ambition. Je m’étais vraiment fixé pour but de le terminer par satisfaction personnelle, pour aller au bout de ce projet, de cette passion de toujours. Pour ne pas avoir à me reprocher un jour d’avoir laissé tomber.
Puis lorsqu’il a été terminé, j’ai pensé que ce serait bête de ne pas le confronter à l’avis des lecteurs. L’auto-édition étant plus facile d’accès que les maisons d’éditions traditionnelles, j’ai voulu tenter pour voir. Et puis, surprise mais galvanisée par les premiers retours, je me suis laissé emporter par le souffle, par l’élan, par l’envie de petit plus, toujours plus, jour après jour. C’est une aventure qui se poursuit étape par étape. Et chaque étape franchie en appelle une autre.
Dans votre roman il y a peu d'hommes et seulement deux qui ont un rôle positif. Leur place est très secondaire dans le roman, pour quelles raisons ?
Oui c’est vrai ! Je ne leur ai pas laissé beaucoup de place. Les pauvres ! Et en même temps, ils sont tellement essentiels dans ce roman. C’est très paradoxal en fait !
Les hommes sont un peu les seconds rôles de cette histoire, mais tout tourne pourtant autour d’eux.
Car ces femmes sont ce qu’elles sont, font ce qu’elles font pour l’amour de ces hommes là ! Ils sont le centre de leurs vies ! Ils sont encensés, aimés follement ! Ils sont quasiment des muses (mon côté féministe ressortirait-il ?). Ils subissent un peu c’est vrai, ils sont un peu victimes aussi c’est vrai mais les lecteurs ne leur reprochent jamais rien alors que mes héroïnes divisent et s’en prennent plein la tête ! Je pense aimer beaucoup les femmes, je les admire et elles m’inspirent énormément. Il me plaît de les avoir rendues fortes et instigatrices dans Amère. Mais je ne minimise pas leurs défauts, ni leurs failles, ni leurs bêtises ou leur cruauté ! Elles souffrent beaucoup dans le roman et avancent en affichant clairement leur côté noir, destructeur, parfois détestable qui les désacralise beaucoup tout de même! J’aime aussi les hommes bien sûr. N’ai-je pas fait d’eux des objets (le mot est-il bien choisi ?) essentiels d’amour ? Mais je les pose aussi en petite chose fragile et insignifiante. Oui, j’avoue.
Ce n’est pourtant que momentané vous le remarquerez, puisqu’ensuite je leur rends leur place d’hommes, les fais se réveiller, ouvrir les yeux et s’unir pour mettre un terme à ce dramatique destin familial. C’est compliqué non ? Ambivalent en tous cas. Je commence à saisir pourquoi ce roman a été qualifié d’atypique finalement. Mais l’ambivalence permet des histoires peu communes et l’envie de s’y pencher et de les analyser. Je crois que c’est vraiment ce qui me plait le plus.
Merci beaucoup d'avoir répondu à ces questions, à bientôt
Merci à vous Charlie. C’est la première fois que je réponds à une interview où les questions ont été façonnées spécialement autour du roman et de ses problématiques. C’est très appréciable. Vraiment. Merci beaucoup !
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samedi 3 avril 2021
Un nouveau départ !
Bonjour à tous !
Cela fait deux jours qu'un homme masqué m'a entraîné dans un sommeil irréel et fantomatique tandis qu'un autre homme masqué perçait mon abdomen pour m'en retirer le sac de kryptonite qui menaçait mon existence. Je me remets doucement de ce moment étrange où un ballon triangulaire s'est posé sur mon visage avec quelques mots gentils et que mon esprit s'est détaché de mon corps, oscillant un instant entre l'angoisse d'un départ impromptu et la paisible certitude de faire partie du grand tout.
C'est donc un nouveau départ vers un corps fiable, qui répond là où on l'attend, qui fait son petit bonhomme de chemin, bon an, mal an, sans trop se faire entendre.
Et je souhaite que cette stabilité retrouvée me permette une plus grande régularité dans mon travail littéraire.
En attendant j'entretiens ma pauvre cervelle avec de la littérature. Je viens de découvrir "l'ami retrouvé" de Fred Uhlman dont j'ai beaucoup aimé l'élégante sobriété. Saint-Exupéry ne disait-il pas que "la perfection est atteinte, non pas quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à retirer." Voilà une maxime qui m'évitera de "faire des phrases" au lieu de passer un message et de toucher autrui.
Pardonnez la brièveté de cet article, ce n'est que partie remise car je me remets au travail concernant "Les mystères de la forêt enchantée" dont je ne pensais pas qu'ils me prendraient tant de temps pour atteindre un résultat qui me satisfasse.
Les Mystères de la Forêt enchantée
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